Grâce à sa notoriété, 12 ans après, Marc retrouva sa famille biologique. Tony sortait à peine de prison, il avait eu moins de chance que Marc. Sa famille d’accueil était très dur, il les avait fuit. Il a erré dans les rues et dormi souvent en prison. Ses petits frères n’avaient pas suivi le même chemin que Tony. Le plus âgé des quatre avait suivi de longues études supérieures, le suivant passait son baccalauréat au lycée du coin et les deux derniers étaient au collège « Mitterrand » qui se trouve près de la Seine. Malheureusement, ses parents avaient mal vécu la séparation et étaient décédés.

Marc n’avait pas eu l’occasion de leur dire au revoir et leur disparition lui pesait chaque jour. Il aimait énormément ses parents et n’avait pas eu l’occasion de le leu dire. A son travail, ses collègues l’avaient trouvé étrange et distant. Il ignorait leur présence et cela inquiétait tout le monde.

Quelques mois après, il s’était pointé au chômage car rien n’allait comme il voulait. Il s’était éloigné de ses amis les plus proches et collègues.

Et puis, il y a un mois à peine, son téléphone sonna et une femme d’une voix posée s’adressa à Marc. Elle voulait lui confier une affaire et lui donna rendez-vous à 10h00 dans le parc communal fraichement refait.

Marc avait attendu seulement dix minutes dans ce parc. Il avait ramassé par terre quelques brindilles et en avait choisi une pour se fabriquer un cure-dent. Doucement, il s’avança, fit quelques tas de feuilles en traînant des pieds, traversa un air de jeu et trouva un banc en béton, près d’une piscine à jet située au centre du parc. Il regardait les jeunes arbres plantés au début des travaux et alignés tout le long montrant les quatre ouvertures du parc. Rénové depuis peu, ce parc avait quelques décennies déjà. Ils avaient replanté quelques jeunes arbres après avoir trouvé les anciens arbres mystérieusement et soudainement coupés. Avec ces jeunes pousses, la vie reprenait doucement.

Elle arriva pile à l’heure dans une BMW noire à l’entrée sud. Elle ouvrit la portière et descendit de la voiture. Elle était vêtue d’un pantalon noir brillant, une chemise en soie blanche, une cravate jaune et un gilet noir. Elle prenait grand soin à marcher avec ses chaussures à talon jaune vif. En quelques pas, elle était près de Marc. Elle enleva ses lunettes noires et dévoila des yeux bleus. Elle ne se présenta pas et commença un discours de plusieurs minutes sans qu’il puisse en placer un mot. A chaque fois qu’il avait essayé de parler, elle s’était approchée et avait placé deux doigts sur la bouche de Marc comme pour l’inviter à économiser son souffle. A force de reculer, Marc se retrouva soudainement contre un banc, forcé de s’asseoir. Il essaya à nouveau de l’interrompre mais en vain, ce fut encore les mêmes gestes pour le dissuader.

Elle avait commencé son monologue en affirmant qu’elle était très riche, pouvait lui donner beaucoup d’argent, avait très peu de temps pour lui expliquer la situation et souhaiterait énormément de lui.